Psychologue, psychiatre, psychothérapeute, sexologue : quelles différences en Belgique ?
Publié par Maude Ladrière — psychopédagogue et sexologue clinicienne à Éghezée
« Je devrais peut-être voir un psy. » La phrase revient souvent, et elle cache une vraie question : lequel ? Psychologue, psychiatre, psychothérapeute, sexologue, psychopédagogue, coach, thérapeute de couple… Les mots se ressemblent, les cabinets aussi, mais les formations, le cadre légal et les remboursements n’ont rien à voir. En Belgique, certains de ces titres sont protégés par la loi, d’autres ne le sont pas du tout. Voici de quoi s’y retrouver avant de prendre rendez-vous, chez moi ou ailleurs.
Sommaire
- Le psychologue : un titre protégé depuis 1993
- Le psychiatre : un médecin, le seul à prescrire
- Le psychothérapeute : une pratique encadrée depuis 2016
- Le sexologue : un titre encore non protégé
- Psychopédagogue, thérapeute de couple, coach : les titres libres
- Comment choisir, concrètement
- Et moi, dans tout ça ?
- Foire aux questions
Le psychologue : un titre protégé depuis 1993
Le psychologue est titulaire d’un master universitaire en psychologie, soit cinq années d’études. Depuis la loi du 8 novembre 1993, le titre est protégé : seules les personnes diplômées et inscrites à la Commission des Psychologues peuvent le porter. Cette inscription engage le praticien à respecter un code de déontologie et le place sous le contrôle d’un conseil disciplinaire. Le registre est public : n’importe qui peut vérifier en ligne qu’un professionnel y figure.
Tous les psychologues ne font pas de clinique. Il existe des psychologues du travail, des psychologues scolaires, des chercheurs. Le psychologue clinicien, lui, est reconnu comme profession de soins de santé : il dispose d’un visa du SPF Santé publique et d’un agrément, après une formation spécifique et une année de pratique supervisée. C’est ce statut qui lui ouvre, s’il est conventionné au sein d’un réseau de santé mentale, le remboursement par l’INAMI de séances de première ligne.
Le psychiatre : un médecin, le seul à prescrire
Le psychiatre a suivi des études complètes de médecine, puis une spécialisation en psychiatrie. Il est le seul, parmi les professionnels cités ici, à pouvoir poser un diagnostic médical au sens strict, prescrire des médicaments et, si nécessaire, orienter vers une hospitalisation. Ses consultations sont remboursées par l’assurance soins de santé comme celles de tout médecin spécialiste, et aucune ordonnance n’est nécessaire pour le consulter.
Un psychiatre peut aussi pratiquer la psychothérapie, mais ce n’est pas le cœur de toutes les pratiques psychiatriques. Beaucoup travaillent en tandem avec un psychologue ou un thérapeute : l’un suit le traitement, l’autre mène le travail de parole.
Le psychothérapeute : une pratique encadrée depuis 2016
C’est le cas le plus souvent mal compris. Depuis le 1er septembre 2016, la loi réserve l’exercice de la psychothérapie à trois professions : les médecins, les psychologues cliniciens et les orthopédagogues cliniciens, à condition d’avoir suivi une formation complémentaire en psychothérapie (au moins 70 crédits) et un stage professionnel de deux ans. Des mesures transitoires, appelées « droits acquis », protègent les praticiens qui exerçaient ou avaient entamé leur formation avant l’année académique 2016-2017.
La subtilité, c’est que le mot « psychothérapeute » n’est pas un titre protégé à la manière de celui de psychologue : c’est la pratique qui est réglementée, pas l’appellation. D’où la prudence recommandée par les associations de consommateurs : avant de choisir un psychothérapeute, renseignez-vous sur sa formation de base et sur l’institut, idéalement lié à une université, qui l’a formé à la psychothérapie. Un psychothérapeute sérieux répond à ces questions sans détour.
Le sexologue : un titre encore non protégé
En Belgique, n’importe qui peut aujourd’hui se dire sexologue : le titre n’est pas réglementé. Une proposition de loi visant à reconnaître les « sexologues cliniciens » comme professionnels des soins de santé mentale a été déposée à la Chambre en juillet 2024, mais à l’heure où j’écris ces lignes, rien n’est encore en vigueur.
Les repères existent pourtant. Le sexologue clinicien formé à l’université a suivi un master en sciences de la famille et de la sexualité ou un certificat universitaire en sexologie clinique, et il est généralement affilié à la Société des Sexologues Universitaires de Belgique, qui publie la liste de ses membres. Les consultations de sexologie ne sont pas remboursées par l’INAMI ; certaines mutualités interviennent via leur assurance complémentaire, à des conditions qui varient de l’une à l’autre.
Psychopédagogue, thérapeute de couple, coach : les titres libres
Le psychopédagogue travaille à la croisée de la psychologie et de l’éducation : apprentissages, développement de l’enfant et de l’adolescent, parentalité, relation à l’école et, aujourd’hui, rapport aux écrans. Le titre n’est pas protégé ; il renvoie à une formation en psychopédagogie ou en sciences de l’éducation, dont le niveau peut varier.
Le thérapeute de couple ou thérapeute familial n’est pas non plus un titre réglementé. Il est porté par des psychologues, des médecins, des sexologues ou des travailleurs sociaux formés à l’approche systémique. Là encore, la formation (universitaire ou dans un institut reconnu) et la supervision régulière font la différence.
Le coach, enfin, évolue hors du champ de la santé. Il accompagne des personnes qui vont bien et veulent avancer sur un objectif précis : prise de poste, organisation, confiance en soi. Le coaching n’a pas vocation à soigner une souffrance psychique, et un coach honnête le dira.

Comment choisir, concrètement
Quelques questions simples aident à s’orienter. Si vous prenez déjà un traitement, si votre sommeil, votre alimentation ou votre énergie se sont effondrés, si des idées noires s’installent, le médecin généraliste puis le psychiatre sont les premiers interlocuteurs. Si vous cherchez un espace de parole structuré, remboursable, pour une difficulté passagère ou un travail de fond, le psychologue clinicien conventionné est une porte d’entrée accessible : la première séance est gratuite, les suivantes coûtent 11 € (4 € pour les bénéficiaires de l’intervention majorée), sans prescription.
Si votre question touche au couple, à la sexualité, à la parentalité ou à la place des écrans dans la famille, un thérapeute de couple, un sexologue clinicien ou un psychopédagogue formés à l’université répondront plus précisément. Et quel que soit le professionnel, vérifiez trois choses : sa formation de base, son cadre (supervision, déontologie, affiliation) et sa manière de parler de ses limites. Un bon praticien sait dire quand il n’est pas la bonne personne et vers qui orienter.
Et moi, dans tout ça ?
Je suis psychopédagogue, thérapeute conjugale et familiale et sexologue clinicienne. Ma formation combine un master en sciences de la famille et de la sexualité, un bachelier en psychologie, un certificat postuniversitaire en sexologie clinique et un certificat interuniversitaire en éducation aux médias et à la citoyenneté numérique. Je suis membre de la Société des Sexologues Universitaires de Belgique.
Concrètement, je reçois à Éghezée pour un accompagnement individuel, une thérapie de couple, une thérapie familiale ou une consultation de sexologie. Mon travail ne remplace ni un suivi psychiatrique ni un traitement médical : lorsque la situation le demande, j’oriente vers un médecin ou un psychologue clinicien, et il m’arrive de travailler en relais avec eux. Les questions de tarif et d’intervention éventuelle de votre mutualité sont détaillées sur la page Tarifs et infos pratiques.
Foire aux questions
Faut-il une ordonnance pour consulter un psychologue ou un psychiatre en Belgique ?
Non. Le psychiatre est un médecin spécialiste directement accessible, et les soins psychologiques de première ligne remboursés par l’INAMI sont eux aussi accessibles sans prescription. Un passage par le médecin généraliste reste utile pour coordonner les soins, mais il n’est pas obligatoire.
Comment vérifier qu’un psychologue est bien reconnu ?
Le registre de la Commission des Psychologues est consultable en ligne, gratuitement, sur compsy.be. Un psychologue clinicien dispose en plus d’un numéro de visa délivré par le SPF Santé publique, qu’il peut vous communiquer sur simple demande.
Un psychothérapeute est-il forcément psychologue ?
Non. Depuis 2016, la psychothérapie est réservée aux médecins, psychologues cliniciens et orthopédagogues cliniciens ayant suivi une formation spécifique, mais des praticiens formés avant cette date bénéficient de droits acquis. Dans tous les cas, demandez quelle est la formation de base du thérapeute et où il a été formé à la psychothérapie.
Psychologue ou psychiatre : lequel consulter en premier ?
Quand les symptômes touchent le corps (sommeil, appétit, énergie) ou qu’un traitement médicamenteux est envisagé, le psychiatre, éventuellement via le médecin généraliste, est l’interlocuteur indiqué. Pour un travail de parole sans dimension médicale immédiate, le psychologue clinicien est une bonne première étape. Les deux collaborent souvent.
Les séances chez un sexologue ou un thérapeute de couple sont-elles remboursées ?
Pas par l’assurance obligatoire (INAMI). Plusieurs mutualités proposent une intervention via leur assurance complémentaire, avec des montants et des conditions qui varient : le plus sûr est de poser la question à votre mutualité avant la première séance.
Quelle différence entre un psychopédagogue et un psychologue ?
Le psychologue a un master en psychologie et porte un titre protégé. Le psychopédagogue a une formation centrée sur l’éducation, les apprentissages et le développement de l’enfant ; son titre n’est pas réglementé. Les deux peuvent accompagner des enfants et des parents, avec des angles différents et complémentaires.
