Baisse de désir dans le couple : ce qui se joue, quand consulter
Publié par Maude Ladrière — psychopédagogue et sexologue clinicienne à Éghezée
Une baisse de désir dans le couple n’est pas, en soi, le signe que l’amour s’en va. Le désir varie au fil de la vie : avec la fatigue, le stress, une naissance, la santé, les années passées ensemble. Il devient une question à prendre au sérieux quand il dure, quand il fait souffrir l’un de vous ou les deux, et quand il installe de la distance entre vous.
Voici ce qui se joue le plus souvent, quand voir d’abord un médecin, et quand consulter une sexologue. Je vous reçois au cabinet d’Éghezée, près de Namur, ainsi qu’à Waterloo et à Louvain-la-Neuve.
Sommaire
- Le désir n’est pas une ligne droite
- Ce qui se joue dans une baisse de désir
- Quand le corps est en cause : le médecin d’abord
- Quand l’un désire plus que l’autre
- Quand consulter pour une baisse de désir dans le couple
- Ce que je vous propose en consultation
- Questions fréquentes
Le désir n’est pas une ligne droite
Au début d’une relation, le désir semble aller de soi. Il surgit sans qu’on y pense. Puis la vie prend sa place : le travail, la maison, parfois des enfants, les soucis du quotidien. Le désir change de forme. Il ne disparaît pas forcément, mais il ne vient plus de la même façon.
Une baisse de désir, ou baisse de libido, c’est une diminution de l’envie d’intimité sexuelle, et des pensées ou des élans qui y mènent, par rapport à ce que vous connaissiez. Elle peut toucher l’un des partenaires ou les deux. Elle peut durer quelques semaines, ou s’installer.
L’Organisation mondiale de la santé ne parle de trouble du désir sexuel hypoactif que lorsque l’absence ou la forte diminution du désir dure au moins plusieurs mois et s’accompagne d’une réelle souffrance (définition de la CIM-11). Un désir plus calme, qui ne vous fait pas souffrir, n’a donc rien d’anormal. Mais quand il pèse sur l’un de vous, il mérite qu’on s’y arrête.
L’OMS distingue aussi deux formes de désir : celui qui naît de lui-même, en pensées ou en envies, et celui qui s’éveille en réponse à une caresse, un mot, un moment d’intimité. Avec les années, c’est souvent ce second désir qui prend le relais. Il ne vient pas toujours avant l’intimité : il peut naître en chemin. Cela ne veut jamais dire qu’il faut se forcer.
Ce qui se joue dans une baisse de désir
Il y a rarement une seule cause. L’OMS regroupe les facteurs des difficultés sexuelles en grandes familles : la santé physique, la vie émotionnelle et la santé mentale, les médicaments et les substances, le manque d’informations ou d’expérience, la relation elle-même, et le contexte culturel. Dans un couple, ces facteurs se mêlent.
La fatigue et la charge du quotidien reviennent dans beaucoup de récits. Quand on court du matin au soir, l’intimité passe après tout le reste. Le désir a besoin d’un peu de disponibilité, de corps et d’esprit.
Les étapes de vie comptent aussi. Une grossesse, la naissance d’un enfant, les nuits courtes, la ménopause : le corps change, les hormones aussi, et l’image qu’on a de soi avec eux.
Puis il y a la relation. Des tensions qui ne se disent pas, une rancœur qui s’accumule, le sentiment de ne plus être regardé. Parfois, le seul contact physique qui reste est une demande de rapport. On finit alors par éviter aussi la tendresse, pour ne pas avoir à dire non.
Enfin, chacun arrive avec son histoire : ce qu’on a appris de la sexualité, ce qu’on s’autorise, ce qu’on n’a jamais osé demander.
Beaucoup de couples pourraient dire cette phrase : « On s’aime, mais on ne se touche plus. » Elle dit bien que le lien et le désir sont liés, sans être la même chose.

Quand le corps est en cause : le médecin d’abord
Certaines baisses de désir ont une origine physique. Les causes les plus connues sont les changements hormonaux (après une grossesse, à la ménopause, avec l’âge), certains médicaments, notamment contre l’hypertension ou la dépression, la contraception hormonale, l’alcool, et des maladies de longue durée comme le diabète, les problèmes de thyroïde ou les maladies cardiaques. Une difficulté d’érection ou une sécheresse vaginale peut aussi, avec le temps, faire reculer l’envie. Le stress, l’anxiété et la dépression jouent également.
Voyez d’abord votre médecin traitant si la baisse de désir est apparue avec un nouveau traitement ou une nouvelle contraception, si elle persiste après une grossesse, si les rapports sont douloureux, ou si d’autres symptômes l’accompagnent. N’arrêtez jamais un traitement de vous-même : votre médecin peut, quand c’est possible, vous proposer une alternative.
Si la tristesse, l’épuisement ou des idées noires s’installent, consultez votre médecin sans attendre.
La consultation de sexologie se fait par la parole, sans examen physique. Elle ne remplace pas l’avis médical. Les deux suivis peuvent avancer en parallèle.
Quand l’un désire plus que l’autre
C’est une situation que je rencontre souvent en consultation : l’un des deux a envie plus souvent que l’autre.
Un cercle s’installe alors. Celui ou celle qui désire plus se sent rejeté, insiste, ou finit par se taire. L’autre se sent sous pression, coupable, et évite les gestes tendres de peur qu’ils soient pris pour une invitation. Chacun se protège, et la distance grandit.
L’écart de désir, en lui-même, n’est pas le problème. Deux personnes n’ont jamais exactement le même rythme. Ce qui fait mal, c’est ce qu’on en fait : le reproche, le silence, le sentiment de ne plus être choisi.
Personne n’est « le problème » du couple. Ni celui qui désire moins, ni celui qui désire plus. Et personne ne doit se forcer : le désir ne naît pas de la pression.
Quand consulter pour une baisse de désir dans le couple
Il n’y a pas de seuil universel. Quelques repères peuvent vous aider.
Quand la situation dure depuis plusieurs mois et ne bouge pas. Quand l’un de vous en souffre, même si l’autre trouve que « ça va ». Quand le sujet ne peut plus être abordé sans dispute, ou quand vous l’évitez tous les deux. Quand la distance gagne aussi la tendresse, la complicité, les conversations.
Consulter tôt n’a rien de dramatique. C’est souvent plus simple avant que l’évitement ne devienne une habitude.
Vous pouvez venir seul, même si la question concerne votre couple : le partenaire n’est pas toujours prêt, et la démarche peut d’abord être personnelle. Vous pouvez aussi venir à deux. Quand la baisse de désir s’inscrit dans des tensions plus larges, le travail rejoint la thérapie de couple.
Si vous hésitez encore, je vous explique comment se passe une première consultation chez une sexologue.
Ce que je vous propose en consultation
La consultation commence par une écoute. Nous regardons ensemble votre histoire et celle du couple : depuis quand le désir a changé, dans quelles circonstances, ce que vous avez déjà essayé. Je ne cherche pas de coupable.
Le travail peut ensuite porter sur la façon de parler de l’intimité, sur la tendresse en dehors de tout enjeu sexuel, sur la place que chacun laisse à son propre désir. Mon approche est systémique : je regarde ce qui se passe entre vous, pas seulement chez l’un ou chez l’autre. Elle tient aussi compte de ce que le corps exprime.
Je ne vous promettrai pas de retrouver le désir des premiers mois. Ce que je vous offre, c’est un espace pour en parler sans gêne, et un regard extérieur pour comprendre ce qui se joue.
Les séances durent une heure, en soirée en semaine et le samedi après-midi, au cabinet d’Aische-en-Refail (Éghezée), au milieu des champs, à quelques minutes de Namur, de Gembloux et de Perwez. Comme je suis membre de la Société des Sexologues Universitaires de Belgique, plusieurs mutualités interviennent via leur assurance complémentaire. Retrouvez le détail du remboursement mutualité par mutualité. Découvrez aussi mes consultations en sexologie clinique.
« Moins de désir ne veut pas dire moins d’amour. »

Pour en parler, seul ou à deux, appelez-moi au 0476 54 65 92 ou réservez en ligne.
Questions fréquentes
Est-ce normal que le désir baisse dans un couple ?
Oui. Le désir varie au fil de la vie et de la relation : fatigue, stress, naissance d’un enfant, santé, années passées ensemble. Il devient une difficulté quand il dure et qu’il fait souffrir l’un de vous. L’Organisation mondiale de la santé ne parle de trouble qu’après plusieurs mois et en cas de réelle souffrance.
Une baisse de désir veut-elle dire qu’on ne s’aime plus ?
Non. Le lien amoureux et le désir sexuel sont liés, mais ce ne sont pas la même chose. On peut tenir profondément à l’autre et ne plus avoir envie de rapports pendant un temps. Comprendre ce qui a changé permet de rouvrir le dialogue sans reproche.
Faut-il voir un médecin avant de consulter une sexologue ?
Oui, si la baisse de désir est apparue avec un nouveau médicament ou une nouvelle contraception, si elle persiste après une grossesse, si les rapports sont douloureux ou si d’autres symptômes l’accompagnent. Dans les autres cas, vous pouvez consulter directement une sexologue, sans prescription. Les deux suivis peuvent aussi avancer en parallèle.
Que faire quand l’un désire plus que l’autre ?
Commencez par vous rappeler que ni l’un ni l’autre n’est anormal : deux personnes n’ont jamais le même rythme. L’écart devient douloureux quand il s’accompagne de pression d’un côté et d’évitement de l’autre. En parler à deux, ou avec une professionnelle, aide à sortir de ce cercle.
Comment en parler à mon partenaire ?
Choisissez un moment calme, pas au lit ni juste après un refus. Parlez de ce que vous ressentez et de ce qui vous manque, plutôt que de ce que l’autre ne fait pas. Écoutez aussi ce qu’il ou elle vit, sans chercher tout de suite une solution. Si chaque tentative tourne à la dispute, un tiers peut aider à rouvrir la conversation.
Les consultations de sexologie sont-elles remboursées ?
Pas par l’INAMI. Plusieurs mutualités interviennent toutefois via leur assurance complémentaire, à condition que la sexologue soit membre de la Société des Sexologues Universitaires de Belgique, ce qui est mon cas. Retrouvez le détail du remboursement mutualité par mutualité.
Maude Ladrière est psychopédagogue, thérapeute conjugale et familiale et sexologue clinicienne, membre de la Société des Sexologues Universitaires de Belgique (SSUB), installée en cabinet privé à Éghezée (Aische-en-Refail), à quelques minutes de Namur et de Gembloux. Elle accompagne les personnes seules et les couples depuis plus de 17 ans.
Esto quod es — Sois toi-même.
